La linguistique appliquée et l’alphabétisme en Afrique et chez sa diaspora

Réseau de recherche
de l’AILA
www.aila.info

Comité de rédaction:

Rédactrice en chef et webmestre :
Lauryn Oates, (Université de la Colombie-Britannique)
lauryn.oates@gmail.com

Coordonnateurs Afrique de l’Est : Jacinta Ndambuki, (Université du Witwatersrand)
njacintah@yahoo.com

Juliet Tembe, (Université islamique de l’Ouganda/Université de la Colombie-Britannique)
tembehirome02@gmail.com

Willy Ngaka (University of KwaZulu-Natal) wngaka@yahoo.co.uk

Coordonnateurs Afrique de l’Ouest :
Dipo Salami, (Obafemi Awolowo University) diposalami@yahoo.com

Kate Adoo-Adeku (University of Ghana)

Coordonnateur francophone : JeDene Reeder Reeder (SIL International/Université Simon Fraser)
jedene_reeder@sil.org

Coordonnateurs Afrique du Sud : Gregory Kamwendo, (Université de Botswana)
kamwendog@mopipi.ub.bw

Violet Lunga, (Université de Botswana)
sibongile59@yahoo.co.uk

Conseillère:
Bonny Norton (Université de la Colombie-Britannique) bonny.norton@ubc.ca

 
Mot de la rédactrice en chef

Chers membres du ReN,

Bienvenue à un autre édition du bulletin du Réseau de recherche pour la linguistique appliquée et la littératie en Afrique et dans la diaspora.  Merci pour vos soumissions et pour l’activité constante dans les domaines de la linguistique et de la littératie dans les communautés africaines.  Nous avons une édition intéressante et éclectique à vous présenter – nous espérons que vous l’apprécierez. 

Nous avons le plaisir de vous annoncer que notre site Web est maintenant disponible en Swahili, grâce à la contribution bénévole de Pal Kijuu de l’Université de Dar es Salaam et SIL Tanzanie et Ouganda.  Vous pouvez également vous attendre à voir sous peu ce bulletin en Français et en Swahili.  Comme toujours nous encourageons toutes offres bénévoles de traduire le site Web et le bulletin dans les langues africaines.

Récemment  la « Conférence panafricaine pour la lecture pour tous » (Pan-African Reading for All Conference), qui a eu lieu à Dar es Salaam, Tanzanie au mois d’août dernier, fut un point culminant pour plusieurs membres du ReN.  Plusieurs d’entre nous avons eu l’opportunité de faire du réseautage, d’entendre parler du travail des uns et des autres, et de se mettre à jour sur les nouveaux développements dans la promotion de la lecture en Afrique.  Vous recevez possiblement ce bulletin car vous aviez obtenu notre pamphlet à la conférence et que vous aviez décidé de vous joindre à notre réseau.

Dans le prochain numéro, nous allons inclure une nouvelle section dédiée aux nouvelles provenant de nos membres pour partager leurs réussites comme les diplômes reçus, les bourses de financement, les prix et toutes autres formes de reconnaissance.  Tenez nous au courrant de vos accomplissements ainsi que ceux de vos collègues et de vos étudiants.  Nous vous enverrons un rappel au mois de mars.

Nous vous remercions pour toute l’information que vous avez généreusement partagée et qui nous a permis de produire ce numéro.  Comme toujours, n’oubliez pas de vérifier le site Web entre les bulletins pour vous tenir au courrant des annonces et des opportunités.  Après tout, ce bulletin constitue votre forum et nous espérons que vous l’utiliserez et en bénéficierez le plus possible.

Nous désirons recevoir vos commentaires sur ce que vous avez trouvé utile et ce que vous aimeriez voir dans les bulletins dans l’avenir.

Mes meilleurs salutations,

Lauryn Oates
Rédactrice en chef

 

 

Nouvelles et annonces provenant des membres du ReN :

Dar Es SalaamUn rapport de la « Conférence panafricaine pour la lecture pour tous » (Pan-African Reading for All Conference)

La « Conférence panafricaine pour la lecture pour tous », qui a lieu deux fois par année, a été tenue à Dar es Salaam en Tanzanie au mois d’août 2009.  Des scientifiques, des enseignants, des rédacteurs, des écrivains, des praticiens de la linguistique et de la littératie provenant de partout sur le continent Africain et du monde entier, se sont réunis sur le campus vert et montagneux de l’Université de Dar es Salaam pendant quatre jours remplis d’ateliers, de réseautage, de communications, et d’expositions.  On pouvait compter parmi les participants plusieurs membres du ReN Afrique.  Ngugi wa Thiong’o a présenté une des conférences pléniaires et son texte est maintenant affiché sur le blog de la conférence : http://6thpanafricanrfa.blogspot.com/. Judith Baker, l’organisatrice de la conférence écrit, « Les récits de Ngugi sont des chef-d’œuvres d’analyse, impossibles à récapituler, mais qui parlent avec force de la déformation de la traduction – pour chacun en tant qu’écrivain et tant qu’individu – et de l’importance des langues Africaines.  Veuillez les diffuser largement, les utiliser dans vos classes, et répondez à ses récits dans ce forum ou ailleurs. » 

Tanzanian DancersLes résolutions et les recommandations de la conférence sont aussi maintenant disponibles en-ligne, et le comité d’organisation encourage fortement la diffusion de cette information aux politiciens, aux scientifiques, aux directeurs d’écoles et aux journalistes.  La prochaine conférence panafricaine est prévue pour 2011 au Botswana.  Pour recevoir des mis à jour, enregistrez-vous pour la liste de diffusion de la conférence en envoyant une demande d’abonnement à :
pan-african-reading-for-all-conference@googlegroups.com

•••••••••••••••••••

Nouvelle publication : « A look at Crowding, using the example of Kabiye » Roberts, David (2009).  Visual crowding and the tone of orthography of African languages.  Written Language & Literacy, 12(1).

Résumé : Depuis longtemps les effets de l’encombrement ont été reconnues par les psychologues cognitifs engagés dans la recherche sur le processus de lecture.  Pourtant, il est rarement considéré par les linguistes sur le terrain impliqués dans le développement des orthographes de tonalités pour les nouvelles langues Africaines.  Il est vrai qu’il est généralement reconnu qu’une surcharge diacritique peut être nuisible, mais ceci n’a jamais été articulé avec l’aide d’une terminologie plus précise que déjà disponible dans le domaine de la psychologie cognitive.  En utilisant une orthographe de tonalité expérimentale développée pour Kabiye (Gur, Togo) comme exemple, je postule qu’une représentation de tonalité quasi-exhaustive par moyen d’accents mènera à l’encombrement.  Cette hypothèse n’a pas encore été testée dans des conditions cliniques.  Par contre, l’objectif de cet article est simplement de nommer ce phénomène pour la première fois, dans le but de stimuler ainsi de nouvelles recherches.  Je souhaite dém ontrer, par moyen de cet exemple, l’écart qui existe entre la psychologie cognitive et la linguistique.  Une fois que nous aurons reconnu l’existence de cet écart, il sera possible de construire des ponts pour faire le lien entre les deux disciplines.

 


•••••••••••••••••••

Texte sur la langue wolofal disponible
Contribué par : Dr. El Hadji Mansour Mboup

Membre du ReN, Dr. El Hadji Mansour Mboup, un professeur des études anglaises qui travaille à partir de Bargny, Sénégal a écrit un texte intitulé, « The Wolofal graphy : A literary and spelling recipe in a context of domination. »   Cet extrait est tiré de l’introduction de son texte :

« Un des impacts de l’Islam et de l’islamisation en Afrique au Sud du Sahara est la création d’orthographes avec une prolifération d’écrits littéraires et religieux.  Au Nigéria, cette orthographe est appelée ajami, au Sénégal elle est dénommée wolofal.  Dans les lignes qui suivent, nous allons nous concentrer en premier lieu sur le cadre historique de cette dernière historiographie que nous considérons comme une recette dans un contexte de domination.  En deuxième lieu, nous présentons une critique du wolofal comme création humaine et, troisièmement, nous examinerons le wolofal comme révolution littéraire. »   Pour une copie de ce texte, veuillez contacter Dr. Mboup :elhadjimansour@yahoo.fr

•••••••••••••••••••

Profile d’un membre du ReN : Dr. Evariste Ntakirutimana

Dr. Evariste Ntakirutimana est actuellement professeur adjoint à l’Université nationale du Rwanda.  Il tient un baccalauréat et une maîtrise en langues et la littérature africaine de l’Université nationale du Rwanda, ainsi qu’un doctorat en linguistique de l’Université Laval à Québec, Canada.  Les intérêts de recherche du professeur Evariste s’insèrent dans le domaine de l’analyse du discours, la sociolinguistique, les politiques linguistiques, la lexicographie et la lexicologie, la terminologie et la sémantique.  Evariste travaille couramment sur une base de données du français rwandais fondée par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF).  Il est membre des associations et des réseaux suivants : EFRARD (Espace francophone pour la recherche et le développement (www.efrard.org); Lexicology, Terminology and Translation (LTT),le Réseau de recherche AUF (www.ltt.auf.org);Études françaises dans les pays francophones (EFF); et le Réseau de recherche AUF
(www.auf.org).

Ses  publications récentes incluent :
(2008a).  Cry havoc : Discourse of War in Rwanda, 1994.  Dans Revue Scientifique de l’ULK, no 10, 5-10.
(2008b).  L’enfant de la rue à travers son langage.  Dans Études Rwandaises, no 15, Éditions de l’Université Nationale du Rwanda, Butare, 41-49.
(2008c).  Kiswahili nchini Rwanda : Kupanda na kushaka.  Dans Études Rwandaises, no 15, Éditions de l’Université Nationale du Rwanda, Butare, 12-21.

 

Conférences à venir


Contributed by: Felix Awung

Événement : Forum mondial « Learning and Technologies World Forum »
Date :le 11-13 janvier 2010
Lieu : Le Centre de conférence Reine Élizabeth II, Londres, Angleterre
Résumé : Le Learning and Technology World Forum est le plus grand forum éducatif dans le monde couvrant les écoles, la formation continue et l’éducation supérieure.  Cet événement s’adresse aux préoccupations internationales et il est pertinent et stimulant et il présente  une opportunité pour contribuer au développement stratégique de l'éducation dans le monde entier.  Le thème central pour 2010 sera « Ré-imaginer l'éducation » et il couvre les sujets de la régénération et la reprise économique en visant l'excellence et la préparation pour l’avenir.
Contacts : events@latwf.org
Organisateurs : Becta (Gouvernement du Royaume-Uni)
Date limite pour les propositions de communication : passée

•••••••••••••••••••

Événement : Conférence 2010 « African Language Teachers Association (ALTA) : Enhanching African Languages Proficiency to a Higher Professional Level » (tenue conjointement avec la 13e conférence annuelle du National Council of Less Commonly Taught Languages – NCOLCTL)
Date : le 15-16 mars, 2010
Où : Côte d’Or, Queensland, Australie
Résumé : La conférence 2010 « Reading Locally, Learning Globally: creating a universal experience » est un forum scientifique et pratique pour la promotion de la lecture, l’écriture et l’apprentissage qui est approprié pour les bibliothécaires et les enseignants de classe de toutes disciplines.
Contacts : http://www.somerset.qld.edu.au/conflib
Organisateurs : Collège Somerset
Date limite pour les propositions de communication : pas disponible

•••••••••••••••••••

Événement : Conférence internationale « Somerset International Conference for
Librarians and Teachers »
Date : le 15-16 mars, 2010
Où : Côte d’Or, Queensland, Australie
Résumé : La conférence 2010 « Reading Locally, Learning Globally: creating a universal experience » est un forum scientifique et pratique pour la promotion de la lecture, l’écriture et l’apprentissage qui est approprié pour les bibliothécaires et les enseignants de classe de toutes disciplines.
Contacts : http://www.somerset.qld.edu.au/conflib
Organisateurs : Collège Somerset
Date limite pour les propositions de communication : pas disponible

 

LL’accent sur l’Afrique de l’Ouest

Ressource : La bibliothèque virtuelle sur la recherche en éducation dans l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale
La bibliothèque virtuelle du Réseau de recherche éducative pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale (ERNWACA) offre des références bibliographiques à plusieurs publications liées à la recherche en éducation en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.  La mission de l’ERNWACA est de promouvoir l’expertise africaine pour influencer le développement de pratiques et de politiques d’éducation positives.  L’éducation est l’engin qui mène à la transformation et à la compétitivité en Afrique où la recherche devrait stimuler le développement des systèmes d’éducation.  Visitez : www.ernwaca.org


•••••••••••••••••••

Le projet de création de livres est lancé au Ghana
Organisé par l’École internationale des arts, des affaires et de la technologie du Ghana, le « Ghana Book Making Project » envoi des bénévoles dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest pour aider les enfants à écrire leurs propres livres, aider les étudiants à développer des bonnes stratégies d’écriture et des techniques créatives pour raconter des histoires.  Le programme a un site Web présentant le projet : www.makingbooksinghana.org et les livres produits par les enfants peuvent êtres visionnés à : http://ghana.ralelibrary.com/index.php/RealeBooks/browse/.

Le président fondateur de l’École internationale des arts, des affaires, et de la technologie du Ghana, Jonathan Thurston, s’intéresse à entrer en communication avec d’autres personnes impliqués dans d’autres projets de création de livres, ou avec ceux qui sont intéressés à commencer leur propre projet de création de livres.  Vous pouvez le contacter à : jonathanthurston@gmail.com

•••••••••••••••••••

Rapport de l’Oxfam : Les défis de la littératie en Afrique de l’Ouest
Le rapport « From Closed Books to Open Doors : West Africa’s Literacy Challenge » calcule l'échelle de la crise de la littératie en Afrique occidentale, et il explore ce qui devrait être fait à ce sujet.  L'Afrique occidentale a le plus bas taux de littératie dans le monde.  Ce rapport est lancé dans le contexte de la Semaine mondiale d'action sur l'éducation 2009, axé sur la littératie et l'apprentissage continue, et la conférence internationale de l'ONU sur l'éducation des adultes, qui a eu lieu en 2009 pour la première fois depuis 12 ans.  Dans l’Afrique de l’Ouest, il y a 65 millions de jeunes et d’adultes qui ne peuvent pas lire et écrire – plus de 40% de la population – et 14 millions enfants âgés de 7 à 12 ans qui ne vont pas à l'école primaire.  Par conséquent, ces gens n’ont pas accès à l'emploi, à des possibilités économiques, à une santé saine et à l'engagement dans la démocratie.  Les conséquences pour eux, pour leurs communautés et pour leurs pays sont dévastatrices.  Par contre, la crise de la littératie peut être traitée, et les portes pour accéder à ces droits peuvent s’ouvrir.  Dans le système d’éducation formel, il est nécessaire de s’assurer d’un effort concentré pour s’adresser au manque d’enseignants qualifiés, calculé à plus de trois quarts de million d’enseignants.  En même temps, les gouvernements doivent faire de l’éducation une plus grande priorité et offrir de plus grandes opportunités pour apprendre à lire et à écrire en dehors du milieu scolaire, tels les programmes d'alphabétisation pour les adultes et les centres de formation pour les jeunes.

Vous pouvez lire les recommandations et télécharger le rapport à : http://www.oxfam.org.uk/resources/policy/education/closed-books-open-doors-west-africa.html

•••••••••••••••••••



L’accent sur l’Afrique francophone


Nouvelle publication : Numéro spécial des annales « Cultures écrites en Afrique »
Contribué par : Aïssatou Mbodj-Pouye, ATER, EHESS, Centre d’études africaines

Annales histoire, sciences sociales – 64e année – 2009/4 – Cultures écrites en Afrique

SOMMAIRE
Éloi Ficquet et Aïssatou Mbodj-Pouye – Cultures de l’écrit en Afrique – Anciens débats, nouveaux objets

Écritures africaines et sociétés coloniales
Catarina Madeira Santos – Écrire le pouvoir en Angola.  Les archives ndembu (XVIIe-XXe siècles)
Camille Lefebvre – Itinéraires de sable.  Parole, geste et écrit au Soudan central au XIXe siècle
Pascale Barthélémy – « Je suis une Africaine… j’ai vingt ans ».  Écrits féminins et modernité en Afrique occidentale française (c. 1940-c.1950)

Écriture de soi, écrits publics
Aïssatou Mbodj-Pouye – Tenir un cahier dans la région cotonnière du Mali.  Support d’écriture et rapport à soi
Julien Bonhomme – Dieu par décret.  Lest écritures d’un prophète africain.

Accédez-le à :
http://www.editions.ehess.fr/revues/numero/-b8e7df1af2/

Commandez ce numéro :
http://www.armand-colin.com/revues_num_info.php?idr=27&idnum=328906

•••••••••••••••••••

Nouveau texte : La compétence linguistique et l’apprentissage de la science
Contribué par : Évariste Ntakirutiman
Résumé : Une recherche collective récente visant à analyser la relation entre les compétences linguistiques et l'apprentissage des sciences au Rwanda a montré que la relation entre les deux disciplines était à la fois positive et significative.  En tant que participant à cette recherche, je me suis demandé si la relation est la même avec l’apprentissage d’une deuxième langue que j'appellerai L2 pour simplifier.  L'analyse des données recueillies par le Conseil national des examens du Rwanda a également révélé qu’il y a une corrélation dans les résultats en sciences avec les compétences en L2.  Ce résultat m'a mené à affirmer qu’on ne peut pas promouvoir l’apprentissage des sciences quand on ne s’attarde pas sur les langues.  L'apprentissage et le transfert des connaissances dépendent toujours sur les langues.  L'éducation est toujours influencée par la politique linguistique en vigueur dans un pays.  Pour une copie du document entier intitulé, « Pour bien apprendre, il faut bien comprendre, » veuillez envoyer un courriel à Evariste : evantaki@gmail.com.

•••••••••••••••••••

Rapport du Bénin sur un atelier sur les langues africaines dans l’enseignement
Contribué par : JeDene Reeder, Coordonnatrice du ReN pour l’Afrique francophone

En 2007, le Bénin a officiellement adopté une politique, qui doit toujours être mis en oeuvre, appellant à l'utilisation des langues béninoises à tous les niveaux du système éducatif.  Le 11 mai, 2009 le Centre des études avancées de la société africaine (CASAS) et Labo Gbe ont organisé un atelier « Les langues africaines et l’enseignement au Bénin : problèmes et perpectives ».  Cet atelier, tenu à Cotonou, Bénin, a regroupé un grand nombre de professeurs de linguistique, de représentants du gouvernement et d'autres parties intéressées pour discuter des enjeux concernant l'implantation de cette politique.  Membres du ReNAfrique, Prof. Toussaint Tchitchi et JeDene Reeder furent parmi les 19 présentateurs.  Les deux ont présenté une communication et ont servi de répondants à une autre communication.  Le président de l'atelier était le professeur émérite Dr. M. Igue, ancien chef de la CENALA (le Centre nationale pour la linguistique appliquée).

L'objectif principal de cet atelier était de promouvoir des échanges francs entre les spécialistes concernant la place des langues béninoises dans l'éducation et de proposer un cadre pour les matières scolaires à enseigner en langues nationales, lequel pourrait servir de référence pour élaborer du matériel pédagogique.  Toutefois, malgré le fait que des questions telles l’état de préparation des langues béninoises à êtres utilisées en éducation et comment elles seront utilisées (en tant que matière scolaire ou comme langue d'enseignement) ont été adressées, tandis que les questions sur le choix de langue et sur contenu du matériel didactique n’ont pas été discutées.  La plupart de ceux qui étaitent présents ont pris pour acquis que les langues nationales devraient être dans les écoles, et beaucoup croyaient que l'insertion des langues nationales comme matières scolaires est une étape vers l'utilisation de ces langues comme langue d'enseignement.  Ce débat a souvent été soulevé pendant les périodes de questions et de commentaires.

Les sujets discutés comprenaient l'histoire de l'éducation et les politiques de langue au Bénin et dans d’autres parties de l'Afrique; les stratégies d'implantation et d'autres moyens de promouvoir l'utilisation des langues nationales (toutes les langues locales sont considérées comme langues nationales au Bénin); le rôle des langues locales dans les efforts de développement; le rôle des divers ministères ainsi que celui de l'Université d'Abomey dans l'implantation de la politique; et les questions de standardisation et de la modernisation. 

À la fin de la journée, les participants sentaient qu’il y avait eu de bons échanges malgré le fait que certains des objectifs de l’atelier n’ont pas été atteints.  Le désir des participants d’avoir des ateliers de suivi a été clairement exprimé.  Une collection des communications présentées lors de cet atelier est en cours de publication par CASAS.

Les contributions francophones nous ont fait vraiment plaisir. Veuillez soumettre votre contribution pour le prochain numéro, soit un rapport sur votre recherche ou une conférence, soit une critique d’un oeuvre française. Veuillez aussi inviter des collègues francophones de joindre notre réseau.

- Votre coordonnatrice régionale

 

L’accent sur l’Afrique du Sud


Regional Coordinators: Gregory Kamwendo and Violet Lunga

Article vedette de ce numéro
Les littératies digitales parmi les jeunes à risque au Botswana : documenter la vie communautaire et imaginer l’avenir social
Contribué par : Theresa Rogers (Université de la Colombie-Britannique); Penelope Moanakwena (Université du Botswana); et Brigid Conteh (Université du Botswana)

Introduction : Cette étude de cas est une extension d'un projet de recherche plus vaste intitulé, « The YouthCLAIM projet, » qui explore la production les médias artistiques et les multimédias comme pratiques de littératie chez les jeunes personnes marginalisées.  Le site de cette étude de cas est une école résidentielle alternative dans une région rurale du nord-ouest du Botswana qui dessert les garçons n’ayant pas réussi dans les écoles primaires officielles dues à une gamme de problèmes académiques et de comportementales.  Les garçons sont âgés de 12 à 18 ans et ont la chance de terminer leurs études primaires, tout en apprenant les techniques agricoles et les métiers de construction ainsi que d'autres compétences, telles que la musique et l'informatique (voir le modèle « brigade » au Botswana de Van Rensburg, Coles, 1985).

Cadre théorique :  Ce projet examine les possibilités de la production numérique comme une nouvelle forme de littératie.  La littératie « signifie maintenant un processus de changements rapides et continus dans les façons de lire, d’écrire, de visionner, d’écouter, de composer et de transmettre l’information » (Coiro, Knobel, Lankshear, & Leu, 2008, traductions libres).  Les nouvelles formes de littératie comprennent les technologies interactives –  qui composent le paysage des nouveaux médias – et fournissent aux jeunes de plus amples possibilités de développer les compétences nécessaires pour participer dans la culture contemporaine (Jenkins, 2006).  Dans cette étude, nous nous intéressons plus particulièrement aux différentes manières dont les outils numériques et la production multimodale peuvent soutenir, chez les jeunes ayant une littératie minimale, le recours au genre littéraire, aux stratégies de littératie (telles la planification, la rédaction et le développement des séquences du récit), et aux techniques de littératie visuelle (tels que le cadrage et la perspective).  De plus, nous nous intéressons aux réflexions des jeunes sur la relation entre la production de vidéos et de ce que le « New London Group » a appelé les futurs sociaux – c’est-à-dire la conception d’un curriculum permettant aux élèves d’imaginer leur avenir dans leurs communautés, dans les sphères publiques et les environnements de travail (New London Group, 1996; 2000).

BoyL’étude : Nous avons effectué une étude de cas qualitative (Stake, 2006) du tournage de films digitaux avec des garçons dans une école résidentielle alternative.  L'école Bana Ba Metsi (enfants de l'eau) est située à côté de la rivière Okavango, près de Ngarange, dans le districte nord-ouest du Botswana.  Actuellement, environ 48 garçons sont inscrits à cette école.  Un énoncé de la mission de l'école proclame que « l’objectif de Bana Ba Metsi est d’offrir l'opportunité aux jeunes en danger d’échec scolaire de développer des connaissances, des compétences, des attitudes et des qualités personnelles puis de maintenir une certaine forme de dignité en apprenant et en travaillant, afin de pouvoir se réintégrer dans le système scolaire et devenir des membres productifs de la communauté. »

L'école dessert des jeunes souffrant de problèmes (à savoir des comportements antisociaux) qui ont interféré avec leur éducation au niveau primaire.  Plusieurs d’entre eux ont aussi un bas niveau littératie et des compétences limitées en anglais.  Tous les étudiants parlent le Setswana (la langue nationale).  Dans cette étude, toutes les procédures ont été expliquées en Setswana et en anglais et les étudiants se parlaient en Setswana.

Procédures :  Nous avons travaillé avec 18 jeunes (âgés de 14-17) du niveau scolaire six (Standard Six) pendant quatre jours (3-4 heures par jour).  Durant les deux premiers jours nous avons travaillé avec 9 jeunes et durant les jours trois et quatre avec 9 autres jeunes divisés en deux groupes de tournage composés de 4 et 5 membres. Le premier jour, l’équipe de recherche a :

  1. montré un échantillon de film
  2. brièvement expliqué le cadrage et la perspective
  3. introduit la possibilité d'utiliser les genres documentaire ou imaginatif
  4. expliqué les scénarimages et les avons distribué
  5. créé des groupes, comprenant chacun un metteur en scène.  Les autres rôles proposés comprenaient le photographe et l’éditeur, mais parfois le metteur en scène faisait la plupart des travaux, en fonction du groupe.

Les groupes se sont alors impliqués dans la planification des scéarimages et sont ensuite sortis pour prendre des photographes.

 

Le deuxième jour, l’équipe de recherche a :

  1. enseigné aux garçons les compétences de montage vidéo avec iMovie.  Les groupes ont alors édité leurs films et ont prit plus de photographes, selon le besoin.
  2. brièvement introduit le tournage vidéo.

Les groupes ont édité leurs clips vidéo et complété leurs films avec titres, crédits, etc. Ces sept étapes ont été répétées lors des jours trois et quatre pour les 9 autres étudiants.

Les données provenaient des observations du processus avec documentation (notes de terrain, documentation photographique et vidéo); des artefacts tels que les films et les scénarimages; et des entrevues de groupe.  L'analyse préliminaire était concentrée sur les processus liés aux scénarimages et aux films (ce que permet la cinématurgie digitale) et les entrevues de groupe (perspectives sur la cinématurgie digitale et les futurs sociaux).  Les résultats comprennent les quatre films :
La vie à Bana Ba Metsi
Construire une maison à Bana Ba Metsi
Les animaux autour de Bana Ba Metsi
Le projet de Bana Ba Metsi (Activités à l'école)

Ces activités permettent aux jeunes de développer une compréhension du genre documentaire et de s’engagement dans la planification du récit, la composition, la mise en séquence et la révision.  Nous avons constaté que les jeunes ont pris leurs photos au hasard et de façon opportuniste et qu’ils ont par la suite pu utiliser leurs scènarimages et leurs sens de la structure narrative pour refaire la mise en séquence de leurs films.  Il y a seulement un groupe (3) qui a eu besoin d’aide pendant ce processus.  Les habiletés en littératie visuelle ont également été appliquées : le cadrage et la perspective ont été utilisés, ainsi que le montage pour les effets visuels.  Les élèves se considéraient comme réalisateurs et dirigeaient souvent ceux qu'ils prenaient en photographes ou qu’ils filmaient.

Futurs sociaux : Les participants ont exprimé le désir de poursuivre le projet et d’enseigner les techniques acquises aux autres élèves de la communauté scolaire.  Les participants ont également dit qu’ils voyaient des possibilités de connexions avec leurs métiers futurs, à la fois dans l’avenir proche que dans l’avenir lointain.  Les citations ci-dessous expriment ces sentiments :
« Avec l'équipement disponible, nous pouvons continuer à essayer ces techniques nous-mêmes et les enseigner à d'autres étudiants de BBM. »
« [La cinématurgie] c’est comme les autres compétences comme la menuiserie et ça sera utile pour le cours de design et technologie à l'école secondaire »
« Ce sont des connaissances et des compétences utiles qui pourraient devenir des moyens de gagner sa vie… »
« …Avec plus de développement de ces compétences, on pourrait même ouvrir une entreprise. »

Conclusions : La majorité des jeunes n'avaient jamais utilisé des appareils photos ou vidéo et il nous a paru qu’aucun d’entre eux n’avaient utilisé des ordinateurs, et pourtant ils ont appris les compétences de la photographie et de la cinématurgie numérique de films documentaires assez rapidement.  Ils ont développé des structures narratives bien mises en séquence et paraissaient avoir peu de difficultés à planifier et composer leurs films.  Ils ont dit qu'ils ne connaissaient pas l'Internet auparavant, mais qu’ils étaient intéressés à partager leurs films plus largement « afin que les gens découvrent l'école et comment nous vivons ».  Comme un autre jeune a dit, « je ne pense pas qu'il y ait une autre école comme BBM dans ce pays, parce que nous apprenons également d’autres compétences comme la construction ».  En fait, le grand désir de partager leurs expériences semblait être la motivation à utiliser le genre de documentaire; toutefois, les élèves ont également démontré un manque de familiarité avec les formes de narration imaginaire et il est possible qu’ils aient été influencés par nos exemples.  Nous espérons faire un suivi avec les élèves dans l'année qui suit pour voir si les jeunes continuent à fairedes films et pour voir s’ils sont affichés sur le site Web de Bana Ba Metsi.

Nous voyons la production de vidéos numériques comme exemple puissant d’un moyen d'engager des garçons à risque dans une nouvelle pratique de littératie qui soutient le développement de la littératie et de leurs compétences de communication tout en offrant d’autres opportunités et en les encourageant à imaginer des futurs sociaux productifs.

 

L’accent sur l’Afrique de l’Est

Publication : « International Collaboration in the Kenya Literacy Project »
Résumé :  Cette collaboration entre des éducateurs des É-U et une communauté au Kenya vise à augmenter les opportunités éducatifs pour les étudiants ruraux, à établir des pratiques appropriées au niveau du développement et de la culture pour les régions rurales du Kenya et à informer la politique.

Mutuku, Moses, Dunn, Maylan and Wolfe, Randi.  « The Kenya Literacy Project : An International Collaboration Addressing the Primary School Achievement Gap Between Rural and Urban Students »  Communication présentée à la réunion annuelle du « American Association of Colleges for Teacher Education », Pas disponible.  2009-05-25.  http://www.allacademic.com/meta/p35987_index.html

•••••••••••••••••••

La conférence « Intergenerational Literacy Learners’ Conference » en Ouganda
Membre du ReN,Willy Ngaka organise depuis quelque temps des conférences annuelles pour les apprenants de la littératie intergénérationnelle dans les régions rurales de l’Ouganda.  Ce travail fait partie de sa recherche pour son doctorat, maintenant complété, et il est lié à son travail pour l’association « Uganda Rural Literacy and Community Development Association » (URLCODA).  Une des stratégies utilisées par l’URLCODA pour promouvoir la littératie est de mobiliser les apprenants de toutes les régions de l’Ouganda et de toutes âges pour les engager dans des discussions sur les enjeux liés à la littératie et le gagne-pain dans des conférences à bases rurales.  La prochaine conférence aura lieu du 18-22 janvier, 2010 dans le village de Nansololo, Namasagali, dans le districte du Kamuli (Ouganda), avec les thèmes des littératies, de la pauvreté, de la dégradation environnementale, de la sécurité alimentaire et de la culture : les défis pour l’adaptation locale aux changements climatiques en Ouganda.  Pour recueillir une copie du rapport qui documente les résultats de la conférence de 2009, veuillez contacter Willy Ngaka à : wngaka@gmail.com

•••••••••••••••••••

Profile : Le projet de livres d’enfants pour la Tanzanie
Le « Children’s Book Project for Tanzania » (CBP) fut lancé en 1991 en réponse à la pénurie aiguë de livres pour enfants en Tanzanie et le manque de compétences parmi le personnel dans le secteur des livres pour produire ces matériaux de lecture.  Le CBP s’est tâché d’aider à la production et à la distribution de matériel de lecture et d'encourager les écrits autochtones.  Le projet fut appuyé, à différentes périodes, par des organismes donateurs internationaux ayant un intérêt dans l'éducation et dans les livres, ainsi que par un certain nombre d'organisations locales qui ont appuyé certaines activités spécifiques organisées par le projet.  La vision du projet est d'élaborer une culture de lecture forte parmi les écoliers tanzaniens, soutenue par des compétences efficaces en lecture et par la fourniture de matériaux de lecture appropriés et de qualité.  En collaboration avec les maisons d’édition, le projet cherche à produire des livres pour enfants en kiswahili afin d'améliorer l'accessibilité à une variété de matériel de lecture et en collaboration avec les enseignants, à améliorer les compétences de lecture et d’écriture chez les enfants.  Vous pouvez voir le catalogue des livres, les activités du projet, et apprendre comment l’appuyer à : http://www.cbp.or.tz/

•••••••••••••••••••

Nouvelle étude : Les langues et la loi au Burundi
Dans « Language and law : The right to the mother tongue in a French and Kirundi diglossic context in Burundi », l’auteur Jean Baptitste Bigirimana trouve que l’émergence de la réclamation au droit à la langue maternelle est basé sur le rôle critique joué par la langue maternelle dans la construction du développement sain et soutenable, par moyen du respect pour la loi nationale et les outils légaux internationaux, ainsi que dans le contexte de l’universalisation continue des droits de la personne.  Avec la colonisation, la langue française a été imposée sur le Burundi et occupe depuis un siècle une position dominante dans le pays comparativement au Kirundi et aux autres langues de la région.  Au fil des ans, après avoir supplanté le Kirundi comme la langue utilisée dans la loi, le français a continué de se propager, de sorte qu’aujourd'hui il reste de facto la langue de l'administration et de plusieurs autres domaines essentiels à la vie dans le Burundi qui est, néanmoins, largement monolingue – malgré la limitation, en effet le rejet, de son statut officiel jusqu’ici dans la constitution de 1992 et dans la constitution récemment adoptée (2005).  Baptiste Bigirimana trouve que l'émergence de la réclamation à la langue maternelle soulève une contradiction interne claire, compte tenu des objectifs d'une francophonie concernés, en principe, d'assurer un partenariat respectueux avec les langues locales en Afrique et ailleurs, mais qui, étant donné l’existence d’un diglossique Kirundi-Français au Burundi, est en pratique toujours perçu comme un vestige colonial à cause du poids culturel de la langue française.  Par conséquent, un élément clé dans la reconstruction du Burundi postcolonial est un genre d’hybridation linguistique et sociale, dont la gestion du multilinguisme et les implications politiques de celui-ci doivent tenir compte dans l’avenir.  Vous pouvez lire article à : www.ingentaconnect.com/content/jbp/lplp/2008/00000032/00000001/art00002


Coin de recherche

Opportunité de bourse de recherche : Les TIC et l'accès publique
Le Programme de bourses de recherche Amy Mahan, lancé récemment, attribuera jusqu'à 12 bourses de recherche, d’une valeur de jusqu'à 22,000$ chaque avec de l’assistance spécialisée, permettant à des chercheurs émergents de mener leurs propres recherches originales sur l'impact de l'accès publique aux TIC.  Les chercheurs originaires des pays en voie de développement d'Afrique, du Moyen-Orient, de la région Asie-Pacifique, de l'Amérique latine et des Caraïbes sont invités à postuler pour ces bourses. Ils peuvent présenter leurs demandes et mener leurs recherches en anglais, en français, en portugais ou en espagnol.  La date limite est minuit, le 31 décembre, 2009.  Le programme est un projet de dix-huit mois parrainé par le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) du Canada et géré par l’Université Pompeu Fabra, à Barcelone, en Espagne, en collaboration avec des chercheurs de l’Université de San Andrés, en Argentine et l’Université des Philippines, à Manille.  Des informations détaillées sont disponibles à : www.upf.edu/amymahan/

•••••••••••••••••••

Outil recommandé : Le projet de matériel de langue de l’UCLA
Le « Language Materials Project (LMP) » est une base de données bibliographiques informatisée de matériaux d’enseignement et d’apprentissage pour au-delà de 100 langues les moins souvent enseignés (« Less Commonly Taught Languages (LCTLs) »).  Le LMP, fondé par le Département de l’éducation internationale et les Services aux études supérieures du Département de l’éducation des É-U, fut créé en 1992.  Dix pays africains sont représentés dans la base de données : cliquez sur le continent africain sur la carte situé sur la page d’accueil pour les voir : http://www.lmp.ucla.edu/

Partagez votre recherche avec nous !  Envoyez-nous un petit profil (un paragraphe) sur la recherche que vous entreprenez sur les langues ou sur la littératie en Afrique pour le 1er mars, 2010 pour inclusion dans le prochain numéro.


Sur le terrain

Alimenter le secteur de la publication en Afrique : La collective « The African Books Collective »
Répondant aux contraintes auxquelles font face les maisons d’édition qui publient des livres africanins dans les financement, la commercialisation et la distribution de leurs livres, ainsi que la pénurie de matériaux africains publiés dans le Nord, la collective « African Books Collective (ABC) » s’est formée suite à une réunion en 1985.  Ils ont prédit qu’en tant que collectivité, il serait possible de renforcer la base économique des rédacteurs africains indépendants et de répondre aux besoins des bibliothèques du Nord et de d'autres acheteurs de livres.  Les opérations ont commencé en 1989, après avoir obtenu suffisamment de soutien des organismes de financement.  ABC vise à renforcer la rédaction africaine indigène par moyen de l’action collective et pour augmenter la visibilité et l’accessibilité à la richesse des écrits et de la culture africaine.  ABC est un centre de distribution et de commercialisation mondial à buts non-lucratifs basé à Oxford pour au-delà de 1000 titres africains – scientifiques, littéraires et pour enfants.  L’organisme est fondé, appartient à et est géré par un groupe de maisons d’édition africaines et ses participants, parmi lesquels 116 sont des maisons africaines indépendantes et autonomes provenant de 19 pays. L’appui des agences de financement est reçu pour le développement des capacités d’édition en Afrique ; et les ressources matérielles sont publiées pour les communautés d’édition et de livres africains.  Les presses de l’Université Michigan State (MSUP) sont le partenaire nord-américain de l’ABC, et ils gèrent le marketing et la distribution dans les États-Unis et le Canada.  MSUP a la mission d’une presse universitaire.  La section des publications scientifiques de l’Université Michigan State contribue à s'acquitter de la mission de l'institution grâce à la publication de recherches et d’enquêtes intellectuelles qui contribuent de façon significative aux études dans les arts, les sciences humaines, les sciences naturelles et les sciences sociales.  Consultez leurs 10 catégories, les nouveaux titres disponibles et commandez en ligne à : www.africanbookscollective.com

•••••••••••••••••••

Lancement du deuxième Prix annuel Baobab, pour encourager la littérature pour les jeunes lecteurs

Le 31 juillet, 2009, le Prix Baobab, une bourse littéraire internationale établi pour encourager l’écriture de la littérature africaine pour les jeunes lecteurs, a lancé sa deuxième année active.  Dans sa première année, neuf pays africains ont appliqué et les écrivains représentaient une grande variété d’âge, de onze à soixante-quatre ans.  Le Prix Baobab invite la soumission d’histoires courtes africaines inédites et qui sont destinées aux lecteurs âgés de 8 à 11 ans, ou de 12 à 15 ans.  En 2009, le prix remettra 1 000, 00$ à la meilleure histoire dans chaque catégorie et 800,00$ au jeune écrivain le plus prometteur (âgé de 18 ans et moins). De plus, les œuvres présélectionnées seront considérées pour publication.  Le prix est ouvert aux citoyens africains de tous âges.  Le co-fondateur sénégalais du Prix Baobab, Ramatoulaye Shagaya, dit, « la mission du Prix Baobab est d’identifier les vedettes de la génération suivante et de produire des histoires classiques qui seront appréciées pour des années à venir.  Cette année, nous voulons lancer le défi aux écrivains africains de laisser aller leur imagination.  Racontez-nous une histoire que nous n’avons jamais entendue auparavant.  L’œuvre gagnant cette année sera une histoire qui se distingue.  Les récipients du prix de l’année inaugurale du Prix Baobab, 2008, furent Lauri Kubuitsile du Botswana avec son histoire, « Lorato and her Wire Car », la meilleure histoire écrite pour les lecteurs âgés de 8 à 11 ans ; Ivor W. Hartmann du Zimbabwe avec « Mr. Goop », la meilleure histoire écrite pour les lecteurs âgés de 12 à 15 ans ; et Aisha Kibwana du Kenya, qui a reçu le prix du jeune écrivain le plus prometteur avec « Strange Visitors That Took her Life Away ».  Le prix Baobab a des rêves ambitieux pour l'avenir de la littérature africaine.  Il prévoit que d’ici dix ans, les librairies de partout dans le monde entier déborderont d’histoires africaines pour enfants de haute qualité.  Ce prix est rendue possible par des fonds fournis par le Collège Bryn Mawr, le Fond mondial pour les enfants et par les membres de l’équipe administrative du Prix Baobab. Pour en apprendre davantage, communiquer avec Deborah Ahenkorah à : baobabprize@gmail.com ou visitez le site http://baobabprize.googlepages.com

 

Quoi de neuf dans la technologie

Ressource recommandée : l’observatoire sur les TIC en éducation
L’Observatoire, qui fait partie de la « Pan African Research Agenda on the Pedagogical Integration of ICTs », est une ressource de recherche ouverte pour le partage de l’information sur l’intégration pédagogique des TIC.  Il y a trois fonctions de recherche disponibles : la recherche simple – qui permet de voir les indicateurs des institutions dans un seul pays, la recherche avancée – qui permet de comparer les indicateurs dans les institutions et les pays différents, et la recherche sommaire – qui permet de naviguer une cartographie des TIC en éducation provenant des institutions et des pays qui participent dans le projet.  Visitez les à : http://www.observatoiretic.org/default/use?locale=fr

•••••••••••••••••••

Logiciel de publication gratuit : créez vos propres livres
RealeWriter (prononcé « Really writer »), un logiciel d’application pour Mac OSX et Windows XP/Vista utilisé pour créer RealeBooks, est disponible sans frais.  Le logiciel permet de créer des dossiers Realebook (« reb »), de les partager avec d’autres sur Internet et d’imprimer des RealeBooks de taille standard.  Le logiciel de publication gratuit, ainsi que les livres créés par d’autres se trouvent à : http://www.realebooks.com/index.php/RealeWriter

 

Publications, ressources et outils

Publication : « Family literacy: Experiences from Africa and around the world »
Desmond, S. et Elfert, M. (2008) Hamburg, UIL. 142 pages.
En Afrique, l’apprentissage intergénérationnel est basé dans les cultures locales.  La littératie familiale comme approche éducative est pertinente et peut être très motivant pour les apprenants, car elle crée une symbiose chaleureuse autour de l’apprentissage dans le cadre d’appui mutuel.  Téléchargez le document PDF à : http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001829/182923f.pdf

•••••••••••••••••••

Profil : la revue « International Journal of Linguistics »
Contribué par : Amy Li, Rédactrice – International Journal of Linguistics
Le « International Journal of Linguistics » (IJL) est une revue internationale disponible en ligne qui est évaluée par les pairs et publiée par l’Institut Macrothink.  La revue encourage et publie des textes dans le domaine de la linguistique, incluant la linguistique théorique, la linguistique descriptive et la linguistique appliquée.  En plus du grand domaine de la recherche sur les langues, les approches créatives d’apprentissage des langues et d’enseignement sont également impliquées, menant la linguistique à un niveau de développement cognitif plus élevé.  La recherche en linguistique contribue à la coopération de peuples à travers le monde.  Des ressources linguistiques abondantes et professionnelles sont nécessaire pour rencontrer des objectifs de communication large et infiniment varié.  De ce point de vue, la revue vise à améliorer le pouvoir communicatif des langues et de consolider l’outil de communication dans la langue nationale disponible aux utilisateurs.  Le IJL fourni aussi l’opportunité de partager des ressources dans la communauté scientifique.  Obtenez de plus amples détails à : http://www.macrothink.org/journal/index.php/ijl/

•••••••••••••••••••

La discussion de l’UNESCO sur la littératie : outils multimédias
Les ressources multimédias de l’UNESCO incluent une collection sur les enjeux de la littératie.  Visonnez un vidéo de 1945 sur l’établissement de l’UNESCO avec le ministre Britannique de l’éducation de l’époque, Ellen Wilkinson, qui lit la constitution récemment établie de l’organisme, un documentaire de 1990 sur la fondation de la Bibliotheca Alexandrina, ou un vidéo français intitulé « Lorsque le monde parlait l’arabe » qui décrit l’âge de l’invention, de l’innovation et de l’exploration des arabes du 8e au 12e siècles.  Consultez les ressources à : www.unesco.org/archives/multimedia/index.php?page=1&s=films&id_page=65&pattern=ED/O/KMS

•••••••••••••••••••

Nouveau livre : « Language and Power »
Rédigé par Brigit Brock-Utne, Gunnar Garbo, « Language and Power : The Implications of Language for Peace and Development » est disponible à : www.africanbookscollective.com

 


Critique littéraire du mois d’octobre

« Everyday Literacies in Africa, Ethnographic Studies of Literacy and Numeracy Practices in Ethiopia »
Auteurs : A. H. Gebre, A. Rogers, B. Street, G. Openjuru
Publié par Fountain Publisher Ltd, Kampala en 2009
ISBN : 978-9970-02-975-4
Sujets principaux : la littératie adulte, les approches ethnographiques à la littératie

Critiqué par : Dr. Agatha J. Van Ginkel, Consultante pour l’Éducation et le développement – SIL International Région Afrique

Ce livre décrit comment les approches ethnographiques dans les programmes de littératie et de numératie pour les adultes fournissent des connaissances sur les pratiques de littératie dans lesquelles les adultes « analphabètes » sont déjà impliqués.  Le livre soutient que ces pratiques de littératies devraient êtres incorporées dans un programme de littératie et numératie, commencer là où les apprenants se trouvent et intégrer les connaissances qu’ils possèdent avant de suivre le programme.  Le livre est organisé en deux parties ; la première décrit l’approche ethnographique à la littératie et présente quelques études de cas d’approches ethnographiques à la littératie.  La deuxième décrit les conclusions des études de cas et explorent ce qu’elles signifient pour les programmes de littératie et de numératie destinés aux adultes.

Partie 1, chapitre 1.  Afin de mieux comprendre ce que signifient la littératie et la numératie dans les régions rurales et dans les contextes urbains, les auteurs ont décidé d'entreprendre une étude ethnographique.  Ils voulaient savoir ce que les gens « savent » et comment leurs connaissances peuvent êtres utilisées dans le contexte de l’apprentissage de la littératie et la numératie.  Ils maintiennent que même si la majorité des programmes de littératie pour les adultes annoncent qu'ils commencent là où se trouvent les apprenants et incluent les connaissances et les expériences des apprenants adultes, en réalité plusieurs programmes de littératie traitent l’apprenant adulte « analphabète » comme quelqu'un qui ne connaît rien à la littératie.  Toutefois, les adultes « analphabètes » ont des connaissances de numératie et sont impliquées dans des pratiques de littératies. Une approche ethnographique à la littératie et à la numératie donnerait un aperçu des  connaissances cachées qu’ont les apprenants adultes sur la littératie et la numératie.  Ces approches présument que les gens sont déjà engagés dans des tâches de littératie et veulent apprendre comment bâtir sur cette fondation.  Elles établissent une distinction entre un événement de littératie et une pratique de littératie.  Le premier est une occurrence qui implique un texte.  Le deuxième est un comportement répété qui façonne les événements de littératie.

Les méthodes utilisées pour recueillir les données ethnographiques étaient : l'observation, le recueil de documents et d’artefacts, de photographes et de vidéos, des entrevues approfondies et des discussions en groupe.  Le livre présente dix études de cas sur les pratiques de littératie en Éthiopie.  Ces études de cas sont intéressantes à lire et démontrent que les pratiques de littératie font partie de la vie des adultes « analphabètes ».

La deuxième partie du livre examine les implications des conclusions des études de cas pour les programmes de littératie et de numératie pour les adultes.  Les auteurs commencent par présenter les résultats et les conclusions des études de cas.  Ils ont découvert que beaucoup de personnes étaient impliquées dans des pratiques littéraires différentes dans des contextes ayant même dans des langues et des écritures différentes.  Ils ont également remarqué que les pratiques de littératie dans lesquelles les personnes sont impliquées étaient différentes de celles qui sont enseignées dans les cours de littératie et de numératie.  Par exemple, ces gens utilisent des stratégies différentes pour calculer les grains de maïs que pour calculer les bâtons.  Les calculs sont souvent faits par estimation plutôt qu'avec exactitude.

La prochaine question adressée par les auteurs est comment intégrer les pratiques locales de littératie et numératie dans les salles de classe.  Comment est-ce qu’un programme de littératie et numératie peut-il commencer où se trouvent les apprenants et à partir de ce qu'ils connaissent et font en pratique?  Ils suggèrent l’approche « CRB »: recueillir, refléter et bâtir sur ce qui existe.  Cette approche peut être utilisé dans un programme existant ou pour élaborer une approche complètement nouvelle.

Pour recueillir les informations, l’animateur devra recueillera des participants les informations sur chaque thème à couvrir.  Ceci sera réalisé grâce à des visites, des observations, des entrevues et par le biais de réunions formelles et informelles.  Les apprenants peuvent aider l’animateur.  Bien que l'apprenant sentira peut-être qu'il n'a rien à contribuer au départ, en étant impliqué dans le recueil d'information sa perspective de lui-même changera, sa confiance augmentera au fur et à mesure que ses idées, ses expériences, et ses connaissances seront mises en valeur.  L'étape suivante consiste en un processus réflexif. Toutes les informations recueillies sur les pratiques littéraires sur un certain sujet donne à l'animateur et aux apprenants beaucoup de matière pour réflexion.  Qu’est-ce qui est fait?  Qui est impliqué?  Qui a créé ces pratiques et pour quelles fins ont-elles été créées?  Comment peuvent-elles être améliorées?  La dernière étape est de bâtir sur ces bases.  Tout en discutant sur les pratiques de littératie, l’animateur cherchera des opportunités pour élargir les idées discutées et introduire de nouvelles connaissances qui bâtiront sur les pratiques déjà existantes.  L'animateur peut utiliser un manuel, mais il peut également élaborer des activités supplémentaires pour les apprenants.

Le livre illustre aussi comment une approche ethnographique peut être utilisée pour développer un programme de littératie en utilisant un exemple de l’Inde.

Évaluation.  Le livre est facile à lire et je le recommanderai pour tous ceux qui sont impliqués dans les programmes de littératie et de numératie.  La force de l’approche suggérée est que nous avons une meilleure compréhension des manières dont un adulte « analphabète » est déjà impliqué dans des pratiques de littératie et de comment on peut bâtir sur ces pratiques.  Le défi de cette approche est qu’il sera difficile de trouver des animateurs qui sont capables de la mettre en œuvre.  Particulièrement dans les communautés minoritaires, plusieurs animateurs ont eux-mêmes peu d’éducation et peuvent ne pas avoir la confiance ou les habiletés pour êtres des animateurs si innovateurs et créatifs.  Dans ces cas, ceux qui développent le programme pourraient quand même inclure une approche ethnographique avant d’implanter le programme et ensuite incorporer les pratiques littéraires des apprenants dans le curriculum et/ou dans les manuels de formation.  De cette manière, les animateurs moins confiants peuvent aussi inclure ces connaissances.

Si vous avez récemment publié une critique de livre et aimeriez inclure un hyperlien à celle-ci dans une prochaine édition du Bulletin du ReN Afrique, veuillez contacter la rédactrice.